70e Berlinale: Une fringante septuagénaire

A l’instar de Cannes et Venise, les 2 autres grands festivals européens, Berlin passe à son tour le cap symbolique des 70 années d’existence. Créé en 1951, il se tenait initialement en été avant de migrer depuis 1978 vers le climat moins généreux du mois de février. Qu’importe! Si la météo n’incite guère à flâner dans cette grande ville (quoique certaines éditions ont connu un climat particulièrement doux et ensoleillé), ce n’est qu’une motivation supplémentaire pour découvrir un maximum de films bien au chaud dans les salles obscures.

Le tant convoité Ours d'Or
Ali Ghandtschi © Berlinale 2008

Qui dit édition anniversaire dit parfois aussi changement. Celui d’envergure est l’arrivée d’un duo de directeurs pour remplacer Dieter Kosslick, qui a tiré sa révérence l’an dernier après avoir dirigé la Berlinale depuis 2002. Ces successeurs sont Mariette Rissenbeek et Carlo Chatrian.

Mariette Rissenbeek et Carlo Chatrian
© Alexander Janetzko

Mais un autre ancien directeur a aussi fait indirectement parler de lui -et de manière bien plus négative- peu avant le début de cette 70e Berlinale. Alfred Bauer, qui a été le tout premier à diriger le Festival de 1951 à 1976, aurait eu un rôle actif dans le cinéma de propagande nazi, sous les ordres de Josef Goebbels. C’est le journal Die Zeit qui a exhumé ce passé que Bauer aurait tenté méticuleusement d’effacer après la guerre.

Alfred Bauer, directeur de la Berlinale de 1951 à 1976

Une révélation des plus embarrassantes pour la Berlinale, puisqu’une de ses récompenses les plus prestigieuses est précisément dénommée « Prix Alfred-Bauer, qui ouvre de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique ou offre une vision esthétique novatrice et singulière ». Ne voulant laisser aucune place à la polémique, les organisateurs ont rapidement tranché: ledit prix est suspendu, au moins pendant le temps nécessaire pour mener des recherches approfondies quant au rôle exact joué par Alfred Bauer pendant la sombre période nazie.

C’est donc le jeudi 20 février que le rideau s’est ouvert sur cette 70e édition, avec la projection (hors compétition) de My Salinger Year, du Canadien Philippe Falardeau avec Sigourney Weaver et Margaret Qualley. Basé sur l’oeuvre éponyme de Joanna Rakoff, le film raconte l’histoire d’une jeune femme rêvant de devenir écrivaine et qui réussit à se faire embaucher comme assistante de l’agente littéraire de J. D. Salinger.

Dès le lendemain, 21 février, la Compétition officielle allait pouvoir dévoiler ses premiers titres.

Olivier Clinckart

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