At Eternity’s Gate – Mostra 2018 – Compétition officielle

Tableau vivant

♥♥1/2

Julian Schnabel propose une évocation intéressante d’une période de la vie de Vincent Van Gogh, durant son séjour à Arles et Auvers-sur-Oise. « Evocation » et non pas « biopic »: la nuance est importante, car le récit s’inspire de nombreux faits réels relatifs au célèbre peintre, mais aussi d’autres faits supposés mais non avérés. C’est sans doute à ce niveau-là que se situe le petit bémol par rapport à l’ensemble; le film se concluant sur deux affirmations concernant des évènements qui restent à l’heure actuelle des hypothèses non vérifiées. Par ailleurs, les puristes en matière d’usage des langues regretteront -dans la v.o.- l’usage alterné de l’anglais et du français qui ôte par moments aux personnages une part de crédibilité.

Ces détails mis à part, difficile de ne pas être impressionné par la prestation de Willem Dafoe, remarquable dans son incarnation d’un Van Gogh tourmenté, jamais convaincu de son talent et miné par le manque de reconnaissance. C’est d’ailleurs cet aspect qui ressort de manière particulièrement forte dans le scénario: la solitude écrasante d’un homme se sentant injustement incompris et que sa fragilité psychologique va affaiblir encore davantage.

Parallèlement et paradoxalement, ce n’est pas un univers sombre que Julian Schabel met en images: au contraire, la photographie, superbe, est riche en couleurs et rend un bel hommage au travail de l’artiste. Van Gogh a déjà eu les honneurs du grand écran, mais ce nouveau long-métrage le concernant mérite assurément l’attention.

Olivier Clinckart


 

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