Fiff, avec « f » comme « fort »

Le roumain Calin Peter Netzer  avait remporté l’Ours d’Or à Berlin en 2013 avec Mère et fils et l’Ours d’Argent de la Meilleure contribution artistique cette année en février pour Ana, mon amour. Il est dès lors assez incompréhensible que cet excellent film n’ait toujours pas trouvé de distributeur belge 8 mois plus tard, alors qu’il est projeté en Compétition officielle au 32e Fiff de Namur. Souhaitons-lui de repartir de la capitale wallonne avec, pourquoi pas?, un Bayard d’Or qu’il mériterait grandement et qui lui permettrait ainsi d’accomplir un beau doublé, puisque Mère et fils, cité plus haut, avait également remporté le Bayard d’Or en 2013.

Avec sa structure narrative non chronologique, le film conte l’évolution et le délitement progressif d’un couple en abordant en toile de fond une étude de la société roumaine où le sexe (un peu), la religion (modérément) et la psychanalyse (beaucoup) font partie intégrante du décor. Et dont l’humour n’est pas exclu. Dans les rôles principaux, Mircea Postelnicu et Diana Cavallioti sont éblouissants et bluffants de conviction dans la peau de personnages qu’ils incarnent à plusieurs années d’intervalle. Le tout aussi excellent Adrian Pintilie (Bacalaureat) incarne quant à lui le psychanalyste.  « Le casting à duré un an, expliquait Calin Peter Netzer, c’est dire s’il a été ardu de trouver les comédiens adéquats pour de tels rôles ! Je les ai d’ailleurs obligés, en guise de préparation, à suivre tous les 2 une psychanalyse afin de comprendre le mieux possible par quoi passaient leurs personnages. » Une démarche visiblement payante pour des acteurs habités par leur rôle et souvent filmés dans des plans rapprochés. « Je voulais une histoire très intime », justifiait le cinéaste. Son film, lui, mérite assurément d’être vu par le plus grand nombre.

Olivier Clinckart

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