Mostra 2018 – Les pronostics

La 75e édition de la Mostra de Venise se clôture ce samedi soir 8 septembre avec la remise des pris, dont le prestigieux et tant convoité Lion d’Or. Nous saurons donc à qui le jury présidé par Guillermo Del Toro va décerner les fameux lauriers. En attendant, voici nos pronostics forcément subjectifs, car sur les 21 films en Compétition officielle, nous n’avons pas vu 5 d’entre eux, à savoir Doubles vies d’Olivier Assayas, ROMA d’Alfonso Cuaron, The Nightingale de Jennifer Kent, Capri-Revolution de Mario Martone et Zan ( Killing) de Shinya Tsukamoto.

Voici donc nos récompenses idéales:

-Prix spécial du jury: Suspiria

-Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir: Jonas Strand Gravli dans 22 July ou Raffey Cassidy dans Vox Lux

-Prix du meilleur scénario: en joker: ROMA (pas vu mais très bien coté par la presse et le public)

-Coupe Volpi meilleure interprétation masculine: John C. Reilly dans The Sister Brothers ou Willem Dafoe dans At Eternity’s Gate

-Coupe Volpi meilleure interprétation féminine: Olivia Colman dans The Favourite

-Lion d’Argent du meilleur réalisateur: Damien Chazelle pour First Man

-Lion d’Argent – Grand Prix du jury: The Sisters Brothers

-Lion d’Or: Werk ohne Autor/Never Look Away

 

Pour rappel, notre cotation des films vus en Compétition officielle:

Werk ohne Autor/Never Look Away ♥♥♥♥

The Sisters Brothers ♥♥♥

The Favourite ♥♥♥

First Man ♥♥♥

At Eternity’s Gate ♥♥1/2

22 July ♥♥

Vox Lux ♥♥

Suspiria ♥♥

Frères ennemis ♥♥

The Ballad of Buster Scruggs ♥♥

Sunset ♥1/2

Acusada ♥1/2

What You Gonna Do When The World’s on Fire? ♥1/2

Peterloo

Nuestro Tiempo

The Mountain 0

Olivier Clinckart

Emma Peeters – Mostra 2018 – Giornate degli Autori

La Belgique en clôture à Venise♥♥

C’est un bien bel honneur qui a été réservé à la réalisatrice belge Nicole Palo: pour Emma Peeters, son deuxième long-métrage, la voilà à l’affiche ce samedi midi de la séance de clôture de la section parallèle Giornate degli Autori à Venise!

Joli choix des organisateurs que d’avoir programmé cette comédie pleine de fraîcheur, même si le pitch peut paraître lugubre de prime abord: Emma Peeters va avoir 35 ans et n’a encore rien accompli de remarquable. Après des années de galère à Paris à essayer de devenir actrice, elle décide de mettre fin à ses jours et fixe la date à la semaine suivante, le jour de son anniversaire.

Annoncé l’an dernier sous la dénomination Le suicide d’Emma Peeters, le film a donc vu son titre quelque peu raboté, sans doute pour ne pas trop prêter à confusion quant à son genre. Car ce n’est en effet pas à un drame plombant que Nicole Palo nous convie, mais à un récit léger qui n’en contient pas moins quelques réflexions pertinentes sur la vie, entre deux flèches d’une ironie douce-amère décochées à l’encontre du milieu du cinéma.

Le propos aurait d’ailleurs pu être un peu plus grinçant par moments, mais le récit atteint son but, qui est de divertir. Et il est aidé en cela par la belle interprétation de Monia Chokri, actrice canadienne qu’on a pu voir entre autres dans Les amours imaginaires et Laurence Anyways de Xavier Dolan.

Olivier Clinckart

Vox Lux – Mostra 2018 – Compétition officielle

Star System

♥♥

Celeste, une jeune adolescente, survit malgré ses graves blessures à un massacre commis dans son lycée et fait peu après la une des médias grâce à une chanson qu’elle interprète lors d’une messe en hommage aux victimes. Remarquée pour ses talents vocaux, Celeste devient une pop star. Les années passent et  15 ans plus tard, on la retrouve au sommet de la gloire, avec à ses côtés, mais toujours dans l’ombre, une soeur qui lui écrit ses chansons.

Etonnant scénario que celui de Vox Lux, découpé en deux parties bien distinctes: démarrant à la manière d’un thriller évoquant un des nombreux drames survenus dans des établissements scolaires américains par la faute des armes à feu, il évolue ensuite vers une satire féroce du star system. De même, son personnage principal, Celeste, incarnée jeune par Rafey Cassidy et adulte par Natalie Portman, évolue elle aussi d’une adolescente équilibrée vers une chanteuse en vogue complètement pervertie par le système, devenue égocentrique, peu reconnaissante du travail accompli par sa soeur à son service et mère très peu responsable d’une jeune fille (incarnée par… Rafey Cassidy).

Nathalie Portman excelle en star capricieuse à qui on a envie de distribuer une bonne paire de baffes et Rafey Cassidy, dans sa double composition, laisse entrevoir de belles perspectives en tant qu’actrice.

Le réalisateur Brady Corbet a voulu décrire la violence de notre époque. Une violence aux visages multiples, tout comme son long-métrage en forme d’objet cinématographique curieux, forcément inégal mais qui mérite l’attention, même s’il a été accueilli assez froidement lors de sa 1e projection pour la presse à la Mostra.

Olivier Clinckart

22 July – Mostra 2018 – Compétition officielle

Un jour tragique

♥♥

Quelques mois après la version du Norvégien Erik Poppe (voir notre article http://cinema-be.be/berlinale-2018/berlinale-2018-deux-films-marquants/) présenté en Compétition officielle à la Berlinale, c’est au tour de Paul Greengrass de se pencher sur le drame terrible qui a coûté la vie à 77 personnes, dont une grande majorité de jeunes, à Oslo et sur l’île d’Utoya en 2011. Un carnage orchestré par Anders Breivik, sinistre individu aux idées nauséabondes.

Cette nouvelle production Netflix en lice pour le Lion d’Or à Venise n’a pas manqué de susciter à son tour une certaine polémique, comme l’avait déjà fait le Utøya 22.Juli d’Erik Poppe. En cause: l’aspect discutable, aux yeux de certains, de restituer dans un film -et donc de fictionnaliser- des évènements aussi tragiques et encore très récents dans les mémoires de ceux qui les ont vécus au plus près. L’argument nous paraît néanmoins bancal: l’évocation cinématographique de tels faits ne peut que contribuer au devoir de mémoire, à condition bien sûr de ne pas en faire un spectacle à sensation.

Ici, Greengrass aborde le sujet différemment par rapport à la version de Poppe. Si ce dernier proposait un plan-séquence aussi impressionnant que terriblement oppressant qui décrivait dans sa quasi-entiereté les évènements sur l’île d’Utoya, son homologue américain, lui, consacre relativement peu de temps au massacre, pour se concentrer davantage sur l’après-carnage. Pour ce faire, il s’attache d’une part en particulier à un jeune homme ayant survécu à ses blessures mais d’autre part aussi au meurtrier lui-même. Chose que Poppe ne faisait jamais dans son film, laissant systématiquement le criminel hors champ ou le filmant de loin en le rendant de la sorte non identifiable.

Quoi qu’il en soit, la démarche de Greengrass n’en reste pas moins aussi intéressante que celle d’Erik Poppe. Dans une mise en scène efficace, il nous propose sa version des faits dans une confrontation percutante entre le Bien (les victimes innocentes) et le Mal (Breivik). Avec comme conclusion que la terreur, quelles que puissent être ses exactions, ne viendra jamais à bout des aspirations de liberté de la grande majorité des individus.

Olivier Clinckart

Nuestro Tiempo (Where Life is Born) – Mostra 2018 – Compétition officielle

Un temps qui dure (trop) longtemps

Esther et Juan vivent dans une grande propriété de la campagne mexicaine, où ils élèvent des taureaux de combat. Lorsque Esther tombe amoureuse de Phil, un dresseur de chevaux américain, l’équilibre du couple, pourtant basé sur une certaine liberté en la matière, se voit compromis.

La 75e Mostra de Venise n’a pas eu peur des films-fleuves cette année: après les 188 minutes du magnifique Werk ohne Autor/Never Look Away, au tour des 173 minutes du film mexicain Nuestro Tiempo. Mais contrairement au 1er titre cité, on sent cette fois le « tiempo » passer bien lentement, dans cette histoire d’un triangle amoureux à distance qui n’en finit pas de se tirer en longueur. Réalisé et interprété par Carlos Reygadas, ce (très) long-métrage n’apporte rien de neuf à la thématique qu’il aborde. Dès lors, les évolutions sentimentales des protagonistes s’avèrent d’un ennui profond, là où on aurait pu espérer au contraire voir l’intrigue se pimenter quelque peu.

Le vrai intérêt de Nuestro Tiempo ne réside donc pas dans les amours contrariées mais très peu épicées et tellement classiques de ses personnages principaux, mais bien dans les magnifiques paysages des grandes étendues mexicaines, ainsi que dans le côté quasi documentaire de certaines scènes concernant l’élevage des animaux. C’est toutefois trop peu pour justifier une présence dans une compétition majeure comme la Mostra de Venise.

Olivier Clinckart

 

Acusada – Mostra 2018 – Compétition officielle

Faites entrer l’accusée

♥1/2

Dolores Dreier, une jeune étudiante, se retrouve accusée du meurtre de sa meilleure amie, chez qui elle logeait au moment des faits. Si les soupçons pèsent contre elle, c’est parce que la victime avait publié peu auparavant une vidéo intime dont Dolores était la protagoniste. Cette dernière nie farouchement être responsable du crime, mais le déchainement médiatique qui entoure l’affaire divise profondément le public, entre ceux persuadés de l’innocence de Dolores et ceux convaincus de sa culpabilité.

Coupable ou non coupable? C’est la question que pose ce suspense argentin sélectionné en Compétition officielle à la Mostra. Mais le scénario apportera-t-il ou non une réponse à cette interrogation? Ce n’est, à vrai dire, pas un élément fondamental. Ici, le réalisateur Gonzola Tobal cherche surtout à mettre en lumière la spirale infernale dans laquelle une personne peut se retrouver entraînée des suites d’une grave accusation. Le récit développe assez habilement les conséquences qu’une telle affaire peut avoir sur une famille: les fissures, les doutes, la lutte acharnée pour protéger ceux qu’on aime et qu’on se refuse à imaginer coupables, …

Accueilli assez fraîchement par une partie de la Critique qui se demandait ce qu’Acusada faisait en Compétition officielle, le film ne fait clairement pas partie des favoris avec ses airs d’honnête série B. Ce qui ne l’empêche pas de remplir honorablement son contrat en la matière, à défaut d’apporter une grande originalité à son propos.

Olivier Clinckart

At Eternity’s Gate – Mostra 2018 – Compétition officielle

Tableau vivant

♥♥1/2

Julian Schnabel propose une évocation intéressante d’une période de la vie de Vincent Van Gogh, durant son séjour à Arles et Auvers-sur-Oise. « Evocation » et non pas « biopic »: la nuance est importante, car le récit s’inspire de nombreux faits réels relatifs au célèbre peintre, mais aussi d’autres faits supposés mais non avérés. C’est sans doute à ce niveau-là que se situe le petit bémol par rapport à l’ensemble; le film se concluant sur deux affirmations concernant des évènements qui restent à l’heure actuelle des hypothèses non vérifiées. Par ailleurs, les puristes en matière d’usage des langues regretteront -dans la v.o.- l’usage alterné de l’anglais et du français qui ôte par moments aux personnages une part de crédibilité.

Ces détails mis à part, difficile de ne pas être impressionné par la prestation de Willem Dafoe, remarquable dans son incarnation d’un Van Gogh tourmenté, jamais convaincu de son talent et miné par le manque de reconnaissance. C’est d’ailleurs cet aspect qui ressort de manière particulièrement forte dans le scénario: la solitude écrasante d’un homme se sentant injustement incompris et que sa fragilité psychologique va affaiblir encore davantage.

Parallèlement et paradoxalement, ce n’est pas un univers sombre que Julian Schabel met en images: au contraire, la photographie, superbe, est riche en couleurs et rend un bel hommage au travail de l’artiste. Van Gogh a déjà eu les honneurs du grand écran, mais ce nouveau long-métrage le concernant mérite assurément l’attention.

Olivier Clinckart


 

Werk ohne Autor ( Never Look Away) – Mostra 2018 – Compétition officielle

Oeuvre d’art♥♥♥♥

Florian Henckel von Donnersmarck n’avait plus tourné de long-métrage depuis 2010 et The Tourist, avec Johnny Depp et Angelina Jolie. Le réalisateur de La vie des autres revient donc au grand écran et c’est un vrai chef-d’oeuvre qu’il a offert au public de la 75e Mostra de Venise. Werk ohne Autor (ou Never Look Away pour le titre anglais) propose en effet une brillante réflexion sur l’art et la liberté de créer placée dans le contexte de l’Histoire du 20e siècle et plus précisément de l’Allemagne de la fin des années 30 aux années 60. Une nation allemande traversée par des régimes totalitaires: le nazisme tout d’abord et le communisme ensuite, du moins dans ce qui allait devenir la RDA.

C’est là, dans la ville de Dresde, que se déroule une partie du récit. Tout jeune garçon, Kurt Barnert est confronté aux horreurs de l’idéologie national-socialiste lorsqu’une proche membre de sa famille se fait interner pour de pseudo troubles mentaux. La guerre qui éclate bientôt et les bouleversements géopolitiques qui vont s’ensuivre ne cesseront d’influencer la vie de Kurt, y compris lorsque l’amour frappe à sa porte en la personne d’Ellie.

Avec son scénario remarquablement écrit aux nombreuses ramifications entre les différents personnages, Werk ohne Autor/Never Look Away captive et fascine tout au long de ses 188 minutes, ce qui n’est pas une mince performance pour un film d’une telle durée. Mais l’osmose est totale entre un metteur en scène qui maîtrise parfaitement son sujet et des comédiens en état de grâce. Parmi ceux-ci, Paula Beer (Frantz) confirme si besoin en était du haut de ses 23 printemps qu’elle est bien une des actrices les plus brillantes de sa génération. A ses côtés, Tom Schilling, qu’on a pu apprécier dans le délicieux Oh boy en 2012, livre également une prestation irréprochable en Kurt Barnert adulte.

Alors que le titre allemand (littéralement « l’oeuvre sans auteur ») diffère de l’anglais (« ne détourne jamais le regard »), ils prennent néanmoins tous deux parfaitement leur sens au fil de l’intrigue. Si une oeuvre cinématographique peut être qualifiée d’oeuvre d’art, la comparaison prend ici pleinement son sens avec ce film profondément marquant et qui mérite de récolter de nombreux lauriers. A commencer par un Lion d’Or?

Olivier Clinckart

 

 

Sunset – Mostra 2018 – Compétition officielle

La fille de Budapest♥ 1/2

Budapest, 1913. Alors que l’empire austro-hongrois vit ses dernières années, Irisz Leiter revient sur les traces de son enfance, dans le grand magasin renommé de chapeaux tenu autrefois par ses parents, jusqu’à leur mort dans un incendie. La jeune femme est bien décidée à se faire engager au magasin, mais Oszkar Brill, qui a repris les affaires en main, ne l’entend pas de cette oreille.

Comment László Nemes allait-il gérer l’après-Fils de Saul? Comment parvenir à ne pas décevoir les attentes forcément démesurées du public et de la Critique après un premier film d’une telle force? Le réalisateur hongrois n’a visiblement pas voulu se mettre de pression inutile à ce sujet, avec un second long-métrage qui parlera sans doute au public hongrois mais qui risque fort de décontenancer et de ne guère séduire à l’international.

Certes, on reconnait sans peine la griffe du cinéaste: comme dans Le fils de Saul, il filme à nouveau au plus près son personnage principal -incarné par la comédienne Juli Jakab- qu’il suit durant une bonne partie de l’intrigue dans une longue errance à travers Budapest, afin de nous immerger au maximum au coeur du récit. La reconstitution d’époque est tout aussi réussie

Si Sunset se déroule un quart de siècle avant la Seconde Guerre mondiale (durant laquelle se situait Le fils de Saul), le lien entre les deux conflits est tout tracé ici, le second étant la conséquence directe du premier. En remontant donc encore un peu plus dans le temps, Nemes poursuit son exploration historique d’une Europe déchirée.

Difficile néanmoins d’accrocher pleinement aux 2h20 d’un récit pour le moins énigmatique et dont a l’impression de ne pas percevoir tous les codes narratifs, à l’image d’une dernière séquence qui laisse la porte ouverte à de multiples interprétations. Il n’en reste pas moins que la cinématographie de Nemes contient un aspect fascinant qui laisse espérer d’autres films forts.

Olivier Clinckart

Les Frères Sisters – Mostra 2018 – Compétition officielle

Audiard à la conquête de l’Ouest♥♥♥

En 1851, dans l’Oregon, les frères Eli et Charlie Sisters sont deux tueurs à gages  qui travaillent régulièrement pour le Commodore. Celui-ci les engage pour récupérer la formule d’un chimiste et tuer celui-ci avec l’aide d’un troisième homme, le détective John Morris. Sur fond de ruée vers l’or, une poursuite impitoyable s’engage alors.

Le westerm semble avoir la cote cette année à la 75e Mostra de Venise, puisqu’après The Ballad of Buster Scruggs des frères Coen, c’était au tour de Jacques Audiard de présenter The Sisters Brothers. Et pour sa conquête de l’Ouest, c’est un coup de maître qu’a réussi le réalisateur français, en conquérant le coeur du public du festival et d’une grande partie de la Critique.

Tiré d’un roman de Patrick deWitt, c’est la première fois qu’Audiard ne travaille pas à partir d’un scénario original. Grand bien lui en a pris: ce récit épique revisite le genre avec bonheur en oscillant sans cesse entre violence et fraternité et en nous faisant ressentir une bonne dose d’empathie pour les deux personnages principaux qui sont pourtant des tueurs à gages liquidant sans états d’âme coupables comme innocents.

Pour incarner les deux frères, Joaquin Phoenix, d’une part, s’avère une nouvelle fois impressionnant, mais John C. Reilly, d’autre part, n’est pas en reste et lui vole presque la vedette, dans sa composition d’un tueur paradoxalement plein d’humanité et désireux de tourner la page de ce « métier » particulièrement dur.

Belle réussite donc que cette grosse coproduction dans laquelle on retrouve, parmi les intervenants belges, Wallimage et Les Films du Fleuve des frères Dardenne. « C’était comme une tour de Babel, expliquait John C. Reilly en conférence de presse, mais qui nous a vraiment fait accéder au Paradis: on a travaillé avec des Américains, des Français, des Belges, Italiens, Espagnols, … En ces temps troublés, c’est une belle preuve de collaboration internationale. »

Une collaboration fructueuse qui permettra peut-être à Jacques Audiard, déjà primé à de nombreuses reprises, de décrocher une récompense supplémentaire pour ce passionnant The Sisters Brothers.

Olivier Clinckart