La Grèce en plein Drama

La Grèce en plein Drama

La petite ville tranquille de Drama, dans le nord de la Grèce, n’attire à première vue pas l’attention du voyageur étranger. Pourtant, à y regarder de plus près, c’est là que se déroule depuis 40 ans et sous un soleil généreux un des plus importants festivals de courts-métrages en Europe. Avec un nom prédestiné pour y accueillir un évènement consacré au 7e Art, Drama propose donc depuis quatre décennies une programmation de courts en provenance de Grèce, mais le festival s’est ouvert également aux films du monde entier. C’est ainsi que, parallèlement à la programmation grecque, une programmation internationale a été créée et en est cette année à sa 23e édition.

Les programmateurs du festival tiennent fermement à offrir aux spectateurs la plus grande diversité possible afin de leur proposer un large regard sur ce qui se fait au niveau international. Pour 2017, ce ne sont pas moins de 53 courts-métrages en provenance de 47 pays différents qui sont projetés entre le 18 et le 23 septembre. Et la Belgique est présente avec deux films: Le scénariste, de François Paquay et Fugazi, de Laurent Michelet.

Le jury international comporte également pour sa part une présence belge, puisqu’on y retrouve Christie Huysmans, rédactrice pour le site CinéFemme et membre de l’U.C.C. (Union de la Critique de Cinéma).

Les jurés de la compétition internationale décerneront 6 prix au total: le Grand Prix, le 2e Prix, le Prix EFA, le « Best South & Eastern Europe Award », le Prix du Meilleur film d’animation et le Prix de la Meilleure production.

Par ailleurs, le festival propose également plusieurs séances spéciales, parmi lesquelles une séance consacrée à des films primés ou nominés aux EFA Awards en décembre 2016. Citons L’immense retour (Romance), coproduction franco-belge réalisée par Manon Coubia, jeune réalisatrice française vivant en Belgique et dont le début de carrière prometteur s’est enrichi en mai 2017 d’une sélection officielle à la Semaine de la Critique cannoise pour son dernier court-métrage en date, Les enfants partent à l’aube.

Avec 2 courts-métrages français également projetés dans la compétition internationale, la présence francophone est donc plus qu’honorable dans cette région des Balkans, ce qui s’explique en partie par le soutien actif de l’Institut français de Thessalonique et TV5 Monde, tous deux sponsors de l’International Short Film Festival in Drama.

Olivier Clinckart

Terminator 2: Le jugement dernier 3D

♥♥♥

He’s back!

Avant le 6e volet de la saga Terminator prévu pour 2019, Cameron envoie son mythique robot d’acier à la tête de Schwarzenegger au contrôle technique. C’est donc dans une superbe image 4k (la 3D est franchement inutile) que l’on redécouvre en salle ce Terminator 2, plus adulte qu’il n’y paraît, malgré son côté « cours après moi que je t’attrape » au cœur d’effets spéciaux surprenants (le méchant constitué de métal liquide fait toujours son petit effet).

Pour rappel, le Terminator interprété par Schwarzie est cette fois un gentil, chargé de la protection du petit John Connor, futur héros de la rébellion humaine contre les machines. Contée avec une habileté remarquable et une tension grandissante, cette chasse à l’homme violente, mais non dépourvue d’humour, démontre comme le sublime Avatar du même Cameron 18 ans plus tard, que la course à la technologie peut aussi nous brûler les doigts.

Thierry Van Wayenbergh

Tulip Fever

♥♥

Passion interdite

Prévu initialement pour 2015 avec dans les rôles-titres Jude Law et Keira Knightley, le drame romantique Tulip Fever qui conte, au 17e siècle, les amours secrètes du jeune peintre Jan Van Loos et d’une femme mariée dont il doit faire le portrait, arrive sur nos écrans après plusieurs sorties repoussées. Ce sont finalement Dane de Haan et la délicieuse Alicia Vikander qui interprètent ces amants passionnés, au grand dam du noble mari, incarné avec une très touchante retenue par Christoph Waltz. Curieux objet que ce film à costumes démarrant de manière archi-classique, serti dans des clairs-obscurs superbes. Et qui sans prévenir change de genre, passant de la romance sulfureuse au récit historique (on y comprend combien le marché florissant des bulbes de tulipes est aux origines du capitalisme moderne) ou encore à une ambiance de thriller hitchcockien accompagnant la naissance d’un bébé. Etonnant film donc, mais indéniablement prenant.

Thierry Van Wayenbergh

Les dents de l’amer requin

Parmi les nombreux films-cultes que l’on doit au génie de Steven Spielberg, Les dents de la mer a laissé une trace indélébile dans l’histoire du 7e Art et a fait rentrer le requin au rang des animaux les plus terrifiants de la planète. Pourtant, cette mauvaise réputation est bien peu fondée, comme en attestent les expos et articles consacrés au célèbre squale et qui s’attèlent avec pédagogie à redonner ses lettres de noblesse à un prédateur marin qui ne méritait pas tant d’opprobre.

Ainsi, dans son numéro 202 de juillet 2016, le magazine National Geographic (édition française) précisait dans un excellent article que « les attaques sur les personnes sont incroyablement rares: (…) la probabilité d’être mordu par un requin en Californie est de 1 sur 17 millions pour les surfeurs et de 1 attaque sur 738 millions de sorties à la plage pour les nageurs »!

Par contre, l’homme, lui, s’avère un prédateur bien plus redoutable: « selon certaines estimations, 100 millions de requins de différentes espèces  seraient tués tous les ans, surtout pour alimenter la demande chinoise de soupe aux ailerons de requin ».

Autant de statistiques interpellantes et/ou consternantes qui démontrent à quel point l’ennemi n’est vraiment pas celui qu’on croit! A cet effet, on ne peut que recommander de se rendre -seul ou en famille- dans un centre de culture scientifique consacré aux océans pour se rendre compte à quel point le requin occupe une place importante dans l’écosystème marin. Le parc de découverte Océanopolis situé à Brest, en Bretagne, constitue un excellent exemple en la matière: composé de 3 grands pavillons (polaire, tempéré et tropical), le parc permet d’admirer l’immense bassin des requins, de 1000 m³ et de 17 m de diamètre. De nombreuses espèces y cohabitent: du requin taureau au requin scie, en passant par le requin pointe noire ou le requin zèbre. Une fascinante diversité qui s’offre au regard des visiteurs dans des espaces remarquablement conçus pour concilier le confort des visiteurs avec des bonnes conditions de vie des animaux marins. Et une fois la visite terminée, rien n’empêche évidemment de voir ou revoir le grand classique de Spielberg… tout en étant désormais mieux informé sur le personnage central des Dents de la mer!

http://www.oceanopolis.com/

Olivier Clinckart

Le Fidèle à Venise

Tout le milieu cinématographique belge l’avait espéré en vain au 70e Festival de Cannes en mai dernier; ce sera finalement à la 74e Mostra de Venise que le dernier film de Michaël R. Roskam sera projeté en Sélection officielle, entre le 30 août et le 9 septembre. Au vu du casting -Matthias Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos, … – et de l’excellent souvenir laissé par Rundskop (Bullhead), Le Fidèle constituera à n’en pas douter un des moments importants de ce grand festival européen.

https://www.rtbf.be/info/medias/detail_le-fidele-troisieme-film-de-michael-r-roskam-en-selection-officielle-a-venise?id=9669906

Bourvil éternel

André Raimbourg, mieux connu sous le nom de Bourvil, est né le 27 juillet 1917, c’est-à-dire il y a précisément 100 ans. Au-delà de cette date toute symbolique, c’est surtout l’occasion de constater que, près de 47 ans après son décès prématuré, le grand comédien a gardé une popularité intacte auprès du grand public, ce qui n’est pas un mince exploit. Et est révélateur de l’immense capital sympathie dégagé par cet homme figurant au générique de quelques-uns des plus grands succès du cinéma français. Le quotidien français Ouest-France a publié ce 27 juillet un article particulièrement intéressant sur le sujet, en donnant la parole aux 2 fils de l’acteur, lesquels fourmillent d’anecdotes sur leur célèbre papa. Une partie  de l’entretien est disponible gratuitement via ce lien:

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/bourvil-aurait-eu-100-ans-ce-jeudi-ses-deux-fils-le-racontent-5156625

On y apprend, entre autres, que Bourvil était parfois confondu avec Fernandel, ce qui lui valut de recevoir un jour le commentaire enthousiaste d’un passant: « Je vous ai adoré dans La vache et le prisonnier! » Compliment auquel Bourvil répondit avec un grand sourire, « Ah non, le prisonnier c’était Fernandel, moi je jouais la vache! »

A noter pour les cinéphiles voyageurs qu’une belle expo est ouverte jusqu’au 27 août dans le village normand de Fontaine-le-Dun, en Seine Maritime: un bon millier de documents, photos, affiches et -cerise sur le gâteau- la fameuse 2 CV du Corniaud (celle qui va marcher beaucoup moins bien maintenant, forcément!) ont pu être réunis grâce à Pascal Delmotte, un collectionneur belge passionné. Une initiative qui mérite assurément une petite (ou une grande) vadrouille dans la région!

Olivier Clinckart

Valérian et la cité des mille planètes

Valé… rien de bien neuf dans le space opera!

Les chiffres ont de quoi nous refiler un vertige intersidéral: 197 millions d’euros de budget, 2500 plans avec effets visuels, 600 costumes créés, 220 personnes impliquées sur le tournage, etc. etc. Luc Besson  n’a pas voulu lésiner le moins du monde (et de l’univers) sur les moyens pour concrétiser un vieux rêve qui le tenaillait depuis ses 10 ans, quand, tout gamin, il découvrit la BD Valerian et Laureline. Ce n’est que bien des années plus tard que la technologie lui permettra de porter enfin au grand écran l’oeuvre du dessinateur Jean-Claude Mézières et du scénariste Pierre Christin.

Mais la fin a-t-elle justifié les moyens? Et surtout, la passion s’est-elle avérée mauvaise conseillère? Besson mange à tous les rateliers pour créer son monde en orbite: une dose de Star Wars, une pincée de Star Trek, une bouchée d’Avatar, … Certes, les emprunts et références ne sont évidemment pas un problème en soi, à partir du moment où un réalisateur parvient, au départ de ce matériau, à créer un univers propre dans lequel le spectateur va pouvoir se laisser entraîner.

Or la sauce ne prend jamais dans le cas présent. La faute tout d’abord à un scénario trop touffu qui, à force d’emprunter plein de directions à la fois, finit par se perdre -et nous avec- dans l’immensité de l’espace.

La faute ensuite à ces fameux effets spéciaux dont on attendait monts et merveilles. Au prix qu’ils ont coûté, c’était la moindre des choses. Mais là encore, Besson déçoit, tant l’emballage numérique est apparent dans certaines séquences et nous empêche à nouveau, malgré la 3 D, de nous immerger pleinement dans l’atmosphère de cette cité des mille planètes.

La faute enfin à des interprètes principaux qui constituent une fameuse erreur de casting, tant on ne ressent que très peu d’empathie pour les 2 héros. On se fiche en effet comme de notre première navette spatiale des déambulations de Valérian et Laureline, tant Dane DeHaan et Cara Delevingne cumulent les extrêmes en matière d’interprétation: autant le premier est dans le surjeu permanent, autant la seconde garde une expression figée pendant quasiment tout le récit. Quelle déception, et ce d’autant plus que des seconds rôles tels que Ethan Hawke ou Rihanna font montre de bien davantage de présence alors que leur apparition est éphémère.

Alors que la critique américaine s’est d’ores et déjà révélée assassine envers la production bessonnienne, Peter Jackson, lui, estime au contraire que Valerian « est le film le plus magique de ces dernières années ». Il faudra en tout cas que Besson opère un fameux tour de magie pour rendre les volets suivants -car il travaille déjà sur le 2e épisode- plus attrayant s’il veut justifier les moyens faramineux engloutis par cette oeuvre de science-fiction qui risque fort de se transformer en un gigantesque trou noir budgétaire en cas d’échec au box office.

Olivier Clinckart

 

Les Magritte du cinéma sur la RTBF

Petit pays par sa superficie mais devenu grand pour son cinéma, la Belgique décerne désormais chaque année les Magritte aux meilleurs films belges francophones, tandis que les Ensor viennent récompenser les meilleurs productions belges néerlandophones.

Alors que jusqu’à présent, la chaîne payante Be Tv avait produit et diffusé depuis ses débuts la cérémonie annuelle des Magritte début février, la RTBF va prendre le relais dès l’édition 2018 pour la 8e édition, ainsi que l’a annoncé la chaîne publique ce 19 juillet:

https://www.rtbf.be/info/medias/detail_les-magritte-seront-produits-et-diffuses-par-la-rtbf-a-partir-de-2018?id=9664063

Coffret Steve McQueen

Des grandes enseignes telles que Fnac et Mediamarkt permettent régulièrement de dénicher dans leurs succursales belges quelques belles trouvailles, à l’instar de ce superbe coffret contenant 4 grands films interprétés par Steve McQueen: La grande évasion, Les sept mercenaires, La canonnière du Yang-Tsé et L’affaire Thomas Crown. Chacun de ces films est proposé en DVD et en Blu-ray et est agrémenté de plusieurs heures de bonus ainsi que d’un petit livret exclusif. Cerise sur le gâteau, le coffret contient également un livre consacré au célèbre comédien: pas moins de 190 pages de photographies réalisées et commentées par William Claxton (1927-2008).

Un coffret incontournable donc et ce d’autant plus au vu du prix ridicule auquel il est quasiment offert: 19,99 € chez Mediamarkt et -mieux encore- 15,99 à la Fnac! Pas de quoi hésiter donc pour courir en acheter un exemplaire, car à un tel prix, il y a fort à parier qu’il n’y en aura évidemment pas pour tout le monde!

Olivier Clinckart

Dunkerque

♥♥♥♥

Entre guerre et mer

Entre le 26 mai et le 4 juin 1940, l’évacuation des soldats alliés des plages et du port de Dunkerque a constitué un fait majeur des premiers mois de la Seconde Guerre mondiale. Alors que les opérations semblaient particulièrement mal engagées et que les Allemands encerclaient Dunkerque, ce furent finalement plus de 300.000 soldats alliés qui purent être sauvés. Il n’empêche: cette débâcle militaire laissa derrière elle de nombreuses victimes, ainsi que de lourdes pertes navales et aériennes.

C’est cet épisode pas forcément très connu du conflit que Christopher Nolan a choisi de raconter. Raconter, mais aussi -et surtout- montrer, grâce à une virtuosité impressionnante dans sa mise en scène. Celle-ci s’appréciera d’autant plus en format Imax, particulièrement immersif et qui plonge le spectateur au coeur de ces moments tragiques. Découpé en trois unités de temps (La jetée, une semaine – La mer, un jour – Le ciel, une heure), le récit offre donc plusieurs perspectives du même évènement.

La séquence d’ouverture est à elle seule révélatrice de ce qui va suivre: des soldats en pleine débandade courent pour essayer de survivre. Car c’est bien de cela dont il s’agit: tenter de sauver sa peau, ce qui n’est déjà pas si mal dans de telles circonstances. Les personnages de Dunkerque ne sont pas des héros sans peur et sans reproches, mais des hommes ordinaires tenaillés par la peur et confrontés à une situation dramatique. Ce qui nous amène inévitablement à ressentir de l’empathie à leur égard: ferions-nous autrement qu’eux si nous étions plongés dans l’horreur de la guerre, avec un ennemi à portée de tir prêt à nous bombarder ou nous mitrailler?

Parallèlement, la description de ces faits historiques se démarque des récits traditionnels qui s’attachent davantage aux épisodes victorieux des Alliés. Ici, ce sont les Allemands qui sortent -temporairement- vainqueurs, même si ceux-ci n’apparaissent jamais à l’écran (hormis quelques avions laissant voir furtivement le sigle de la Luftwaffe). Cette présence invisible rajoute un degré supplémentaire au sentiment d’oppression dont est imprégnée la pellicule.

« Pellicule » en effet, car le réalisateur a tourné son film en 70mm Imax et Super Panavision 65mm et a également cherché à obtenir une authenticité maximale en tournant à Dunkerque même et en faisant appel à des milliers de figurants et des vrais navires destroyers, plutôt que de les remplacer par de nombreux effets numériques. Un souci du détail qui renforce d’autant plus l’intensité du spectacle grandeur nature, lequel bénéficie également d’une bande sonore époustouflante qui se voit magnifiée dans le confort auditif d’une salle Imax.

Autant de commodités visuelles et auditives qui permettront d’apprécier pleinement cette leçon d’Histoire que le film revisite brillamment, tout en nous proposant en toile de fond une réflexion sur l’atrocité de la guerre et le nombre incalculable de destins qu’elle brise irrémédiablement.

Olivier Clinckart