Viceroy’s House

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Diviser pour ne plus régner

Viceroy’s House,  ou Le dernier vice-roi des indes tel qu’il est exploité en France, était programmé hors compétition dans la Sélection officielle du 67e Festival de Berlin en février. Le film revient sur la période précédant la partition de l’Inde alors sous domination britannique, au moment où le dernier vice-roi des Indes, Lord Mountbatten (incarné par Hugh Bonneville à qui l’excellente Gillian Anderson vole la vedette dans le rôle de son épouse), arrive sur place pour mener le mieux possible cette transition qui promet d’être particulièrement complexe. Le pays tout entier ressemble en effet à une cocotte-minute où les Hindous, les musulmans et les autres ethnies sont prêts à s’affronter pour leur territoire respectif, alors qu’ils avaient coexisté pendant plusieurs siècles.

Le film Earth, qui remonte à 1998, avait déjà abordé cette thématique douloureuse. Vingt ans plus tard, les blessures demeurent profondes, et Viceroy’s House, même s’il manque de nuance, s’avère plus que jamais indispensable pour montrer à quel point les sombres intérêts géopolitiques peuvent briser des peuples entiers. Dans cette optique, le film dépasse ses frontières et prend un aspect universel. La réalisatrice Gurinder Shadha, dont la famille proche fut confrontée à cette tragédie, précisait son intention lors de la conférence de presse à Berlin: « Il est à présent temps d’avancer entre Indiens et Pakistanais, afin que le principe du ‘diviser pour mieux régner’ ne continue pas à gagner la partie. » Le travail à accomplir reste énorme, mais de tels longs-métrages ont le mérite de susciter le débat.

Olivier Clinckart