Under the silver lake – Sélection officielle

Sous influence(s)

Le titre accrocheur et le réalisateur (auteur de la bombe indé horrifique It Follows) auguraient du meilleur. D’autant que David Robert Mitchell, désertant l’horreur insidieuse, change radicalement son fusil d’épaule. En suivant les pas de Sam (Andrew Garfield, inodore, incolore, insipide), jeune gaillard à la trentaine désabusée auquel une jolie voisine va faire tournebouler la tête lorsqu’elle s’évanouit sans prévenir dans un Los Angeles capté avec génie par le directeur photo Mike Gioulakis.

Et Sam de s’enfoncer tel un Marlowe de pacotille dans les allées sinueuses d’un cauchemar éveillé pour une enquête effrénée menée à deux à l’heure où rôdent un tueur de chiens, des filles faciles, de drôles de magouilles, une femme-chouette tueuse et quelques zinzins vaguement cousins du Christ Cosmique. Bref, de quoi triper sévère, mais visiblement pas pour Sam, qui traverse ces petites zones de turbulence avec la même tête hébétée et sans rien comprendre de ce qu’on lui veut. A l’image du spectateur qui, assommé de vignettes pop ultra-référencées mais agencées sans la moindre idée de scénario (une lasagne composée de Lynch, Hitchcock et Araki), finit par jeter l’éponge.

Thierry Van Wayenbergh