Valérian et la cité des mille planètes

Valé… rien de bien neuf dans le space opera!

Les chiffres ont de quoi nous refiler un vertige intersidéral: 197 millions d’euros de budget, 2500 plans avec effets visuels, 600 costumes créés, 220 personnes impliquées sur le tournage, etc. etc. Luc Besson  n’a pas voulu lésiner le moins du monde (et de l’univers) sur les moyens pour concrétiser un vieux rêve qui le tenaillait depuis ses 10 ans, quand, tout gamin, il découvrit la BD Valerian et Laureline. Ce n’est que bien des années plus tard que la technologie lui permettra de porter enfin au grand écran l’oeuvre du dessinateur Jean-Claude Mézières et du scénariste Pierre Christin.

Mais la fin a-t-elle justifié les moyens? Et surtout, la passion s’est-elle avérée mauvaise conseillère? Besson mange à tous les rateliers pour créer son monde en orbite: une dose de Star Wars, une pincée de Star Trek, une bouchée d’Avatar, … Certes, les emprunts et références ne sont évidemment pas un problème en soi, à partir du moment où un réalisateur parvient, au départ de ce matériau, à créer un univers propre dans lequel le spectateur va pouvoir se laisser entraîner.

Or la sauce ne prend jamais dans le cas présent. La faute tout d’abord à un scénario trop touffu qui, à force d’emprunter plein de directions à la fois, finit par se perdre -et nous avec- dans l’immensité de l’espace.

La faute ensuite à ces fameux effets spéciaux dont on attendait monts et merveilles. Au prix qu’ils ont coûté, c’était la moindre des choses. Mais là encore, Besson déçoit, tant l’emballage numérique est apparent dans certaines séquences et nous empêche à nouveau, malgré la 3 D, de nous immerger pleinement dans l’atmosphère de cette cité des mille planètes.

La faute enfin à des interprètes principaux qui constituent une fameuse erreur de casting, tant on ne ressent que très peu d’empathie pour les 2 héros. On se fiche en effet comme de notre première navette spatiale des déambulations de Valérian et Laureline, tant Dane DeHaan et Cara Delevingne cumulent les extrêmes en matière d’interprétation: autant le premier est dans le surjeu permanent, autant la seconde garde une expression figée pendant quasiment tout le récit. Quelle déception, et ce d’autant plus que des seconds rôles tels que Ethan Hawke ou Rihanna font montre de bien davantage de présence alors que leur apparition est éphémère.

Alors que la critique américaine s’est d’ores et déjà révélée assassine envers la production bessonnienne, Peter Jackson, lui, estime au contraire que Valerian « est le film le plus magique de ces dernières années ». Il faudra en tout cas que Besson opère un fameux tour de magie pour rendre les volets suivants -car il travaille déjà sur le 2e épisode- plus attrayant s’il veut justifier les moyens faramineux engloutis par cette oeuvre de science-fiction qui risque fort de se transformer en un gigantesque trou noir budgétaire en cas d’échec au box office.

Olivier Clinckart