A herdade/The Domain – Mostra 2019 – Compétition officielle

♥♥♥1/2

Une fresque sur une famille portugaise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu au début des années 90, permettant de passer en revue la vie sociale, la politique, l’économie et l’histoire du Portugal.

Avant d’être visonnés, les films-fleuve suscitent souvent une certaine méfiance, de par leur longue durée. Bien souvent, pourtant, cet à-priori se voit démonté par la qualité du film et ce n’est pas The Domain qui démentira cet aspect, tant les 2h45 de l’intrigue ne suscitent jmais l’ennui. L’intention pouvait pourtant sembler un brin trop ambitieuse: raconter une chronique familiale étalée sur plusieurs décennies et située dans un grand domaine terrien en pleine dictature de Salazar. C’est en fait à un véritable huis clos en plein air auquel nous convie Tiago Guedes, qui parvient par ailleurs à donner un aperçu assez précis de la situation politique du Portugal à cette époque.

Un beau tour de force, puisque l’action se déroule quasi exclusivement dans les limites du domaine. Mais les drames qui s’y déroulent font, directement ou indirectement, écho à la situation du pays. Pour tenir le rôle principal, le réalisateur a fait appel à Albano Jeronimo, parfait dans son incarnation d’un homme dur et autoritaire en apparence, mais dont la rudesse ne fait que dissimuler les douleurs profondes qui sont les siennes. Il en découle une excellente chronique, dont la superbe photographie et la qualité de l’interprétation rendent l’ensemble particulièrement fascinant. Sans conteste une des toutes bonnes surprises de cette Mostra.

Olivier Clinckart